Réglementation7 min de lecture

Conciergerie Airbnb sans carte G : ce qui est permis, ce qui ne l'est pas

Par l’équipe DelegestionPublié le

Oui, une conciergerie Airbnb peut exercer sans carte G, à une condition : s'en tenir à des prestations de services facturées au propriétaire, comme le ménage, le linge, l'accueil des voyageurs ou la remise des clés. Dès qu'elle gère le logement pour le compte du propriétaire, à commencer par l'encaissement des loyers, elle entre dans le champ de la loi Hoguet (loi n° 70-9 du 2 janvier 1970) et la carte devient obligatoire.

Reste la zone intermédiaire, celle où se trouvent beaucoup de conciergeries : gérer l'annonce, fixer les prix, accepter les réservations. C'est là que la plupart des erreurs se commettent, parce que ne pas encaisser ne suffit pas toujours.

L’essentiel

  • Sans carte : les prestations matérielles facturées au propriétaire, comme le ménage, le linge, l'accueil, les clés et les petites réparations.
  • Carte G : dès que vous gérez pour le compte du propriétaire, à commencer par l'encaissement des loyers.
  • Mettre en location et conclure à la place du propriétaire relève d'une autre mention, « Transactions », même sans toucher aux fonds.
  • Le statut de co-hôte et le mot « prestation » ne changent rien : la loi regarde ce que vous faites.

Que dit la loi Hoguet ?

L'article 1er de la loi vise les personnes qui, « d'une manière habituelle, se livrent ou prêtent leur concours, même à titre accessoire, aux opérations portant sur les biens d'autrui ». Deux opérations de sa liste concernent les conciergeries :

  • le 1°, « l'achat, la vente, la recherche, l'échange, la location ou sous-location, saisonnière ou non, en nu ou en meublé d'immeubles bâtis ou non bâtis » ;
  • le 6°, « la gestion immobilière ».

À chacune correspond une mention sur la carte professionnelle, d'après l'article 1er du décret du 20 juillet 1972 : « Transactions sur immeubles et fonds de commerce » pour la première, que l'on appelle carte T, et « Gestion immobilière » pour la seconde, la carte G.

Trois mots de l'article 1er comptent. Habituelle : un coup de main ponctuel entre particuliers n'est pas visé. Accessoire : faire de la gestion en plus du ménage ne vous en exonère pas. Autrui : gérer son propre logement ne demande aucune carte.

Que peut faire une conciergerie sans carte ?

Tout ce qui est un service rendu au propriétaire, et non un acte accompli à sa place :

  • le ménage, le linge, les consommables ;
  • l'accueil des voyageurs, la remise et la récupération des clés ;
  • l'assistance pendant le séjour ;
  • les petites réparations et la coordination des artisans ;
  • les photos, les conseils d'aménagement, la rédaction d'un descriptif que le propriétaire publie lui-même.

Ces prestations restent hors du champ de la loi tant que le propriétaire demeure le loueur : l'annonce est à son nom, il fixe ses prix, il accepte les réservations, et la plateforme lui verse directement ses revenus. La conciergerie, elle, lui adresse sa facture.

Où passe la limite ?

Ce que fait la conciergerieCarte nécessaire
Ménage, linge, accueil, clés, petites réparationsAucune
Photos et descriptif remis au propriétaire, qui publie lui-mêmeAucune
Publier et gérer l'annonce, fixer les prix, accepter ou refuser les réservations à la place du propriétaireZone à risque : c'est prêter son concours à la location du bien d'autrui
Signer le contrat de location pour le compte du propriétaireCarte T
Encaisser les loyers, les arrhes ou les dépôts de garantie, puis les reverserCarte G
Tenir les comptes du propriétaire, déclarer et reverser la taxe de séjour avec ses fondsCarte G

La troisième ligne est celle qui fait débat. En avril 2026, la commission « Locations de vacances et immobilier de loisirs » de la FNAIM a publié un rapport de dix-huit pages, La loi Hoguet face à l'émergence de nouveaux acteurs : focus sur les activités de conciergerie. Sa grille est nette : les prestations purement matérielles ne demandent aucune carte, l'entremise locative (annonces, choix des voyageurs, signature) relève de la carte T, et toute gestion impliquant les sommes du propriétaire relève de la carte G.

Il faut lire ce rapport pour ce qu'il est : l'analyse d'une fédération d'agents immobiliers, pas une décision de justice. Il reconnaît d'ailleurs que les juges apprécient au cas par cas. Mais il donne la lecture que défendront les professionnels titulaires d'une carte, et il est prudent de ne pas construire son activité sur l'interprétation inverse.

Le statut de co-hôte Airbnb protège-t-il ?

Non. Le co-hôte est un rôle prévu par la plateforme pour partager l'accès à une annonce et, parfois, une part des revenus. Ce n'est pas une catégorie de la loi Hoguet, et il ne crée aucune exception.

La question se pose donc comme pour n'importe quel prestataire : que faites-vous pour le propriétaire ? Si le co-hôte répond aux voyageurs et organise le ménage, il rend un service. S'il gère seul l'annonce, les prix, les réservations et les fonds, il fait ce que fait un gestionnaire. Selon la FNAIM, ce co-hôte-là « devrait » relever de la loi Hoguet. Le conditionnel est celui du rapport : aucune décision ne l'a encore jugé.

Peut-on facturer au pourcentage sans carte G ?

La loi ne s'intéresse pas à la façon dont vous êtes payé, mais à ce que vous faites. Un pourcentage n'est donc pas interdit en lui-même.

Il a pourtant un défaut : c'est la rémunération habituelle d'un gestionnaire. Une commission de 20 % sur les loyers, un accès complet à l'annonce et des messages signés au nom du propriétaire forment un tableau cohérent, celui d'une gestion. Un prix par prestation (tant par ménage, tant par accueil) décrit un service et se justifie de lui-même.

Quel contrat signer sans carte G ?

Un contrat de prestation de services, et non un mandat de gestion. La différence n'est pas dans le titre mais dans les clauses :

  1. Une liste fermée de prestations, avec le prix de chacune.
  2. Le propriétaire reste le loueur : l'annonce et les comptes sur les plateformes sont à son nom.
  3. Il décide : prix, calendrier, acceptation des réservations. Si vous intervenez, c'est en appliquant des consignes écrites.
  4. Il encaisse : les plateformes le paient directement. Vous ne recevez ni loyers, ni arrhes, ni dépôt de garantie, pas même un chèque à transmettre.
  5. Aucun pouvoir de signer en son nom.
  6. Votre rémunération est une facture adressée au propriétaire, pas une retenue sur ses loyers.

Soignez aussi vos mots. Un site qui promet une « gestion locative clé en main » décrit une activité soumise à la carte, quoi que dise le contrat.

Que risque-t-on si la limite est franchie ?

L'exercice sans carte est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 € d'amende (article 14 de la loi). Le fait de recevoir ou de détenir des fonds sans carte est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende (article 16). Pour une société, l'amende peut être portée au quintuple.

S'y ajoutent les conséquences civiles sur les mandats et les honoraires, détaillées dans Loi Hoguet : les sanctions sans carte G. Pour vérifier votre situation mission par mission, voyez aussi Carte G et conciergerie Airbnb : qui est vraiment concerné ?

Et si votre activité dépasse déjà la limite ?

C'est le cas de beaucoup de conciergeries : les propriétaires veulent quelqu'un qui s'occupe de tout, encaissement compris, et c'est ce service qui a de la valeur. Renoncer à encaisser n'est pas la seule issue.

Avec Delegestion, votre société obtient sa propre carte G, délivrée à son nom par la CCI. Nous apportons l'aptitude professionnelle qui vous manque ; vous signez vos mandats, vous encaissez sur le compte de votre société, vous gardez votre capital. Le prix est de 499 € TTC par mois, sans engagement, ou de 4 990 € TTC par an. La garantie financière et l'assurance RCP restent souscrites par votre société.

Nous expliquons le mécanisme dans Délégation de carte G : comment ça marche ?

Questions fréquentes

Est-il possible d'exercer une gestion locative sans carte G ?

Non. Gérer un bien pour le compte de son propriétaire, à commencer par l'encaissement des loyers, est une activité de gestion immobilière au sens de la loi Hoguet, réservée aux titulaires de la carte portant la mention « Gestion immobilière ». Sans carte, il reste deux possibilités : se limiter à des prestations de services, ou exercer sous la carte d'un titulaire qui vous habilite.

Le statut de co-hôte Airbnb dispense-t-il de la carte G ?

Non. Co-hôte est une fonction de la plateforme, pas une catégorie juridique : la loi regarde ce que vous faites pour le propriétaire. Dans un rapport d'avril 2026, la FNAIM estime que le co-hôte qui gère les loyers, les annonces ou les réservations d'un tiers devrait relever de la loi Hoguet, tout en reconnaissant que les tribunaux ne l'ont pas encore tranché.

Une conciergerie peut-elle se rémunérer au pourcentage sans carte G ?

Aucun texte ne fait du mode de rémunération un critère : c'est la mission qui compte. Une commission sur les loyers reste toutefois la rémunération habituelle d'un gestionnaire, et s'ajoute aux autres indices si l'activité est examinée. Un prix par prestation décrit mieux un service.

Quel contrat signer avec un propriétaire quand on n'a pas la carte G ?

Un contrat de prestation de services, pas un mandat de gestion. Il liste les prestations et leur prix, et laisse au propriétaire ce qui fait de lui le loueur : son annonce, ses prix, l'acceptation des réservations et l'encaissement.

Suffit-il de ne pas encaisser les loyers pour être en règle ?

Pas toujours. L'encaissement fait basculer dans la gestion immobilière, mais mettre un bien en location et conclure pour le compte du propriétaire relève d'une autre mention de la carte, « Transactions sur immeubles et fonds de commerce », même sans toucher aux fonds.

À lire aussi

Réglementation7 min de lecture

Obtenir la carte G sans diplôme : les voies possibles

Sans bac + 3 ni BTS immobilier, la carte G reste accessible : expérience salariée, bac et trois ans, diplôme par la VAE, ou représentant légal qualifié.