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Carte G et conciergerie Airbnb : qui est vraiment concerné ?

Delegestion

C'est la question que se posent, tôt ou tard, tous les gestionnaires de locations courte durée : mon activité de conciergerie nécessite-t-elle une carte professionnelle G ? La réponse n'est ni "toujours" ni "jamais" — elle dépend précisément de la nature des missions exercées pour le compte du propriétaire.

Ce que dit la loi Hoguet

La loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet, encadre toute personne qui "se livre ou prête son concours [...] à des opérations portant sur les biens d'autrui" en matière de gestion immobilière. Concrètement, dès qu'un prestataire agit pour le compte d'un tiers — le propriétaire — et non pour son propre compte, il entre potentiellement dans le champ de la loi.

La carte professionnelle mention "Gestion immobilière", couramment appelée carte G, est délivrée par la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI). Elle est obligatoire dès lors que l'activité inclut la gestion administrative et financière d'un bien pour autrui : encaissement des loyers, délivrance de quittances, gestion des cautions, sélection des locataires ou fixation des conditions de location.

Les missions qui n'exigent pas de carte G

Toutes les conciergeries ne gèrent pas l'argent du propriétaire. Lorsque la prestation se limite à des tâches matérielles d'exécution, sans pouvoir de décision ni maniement de fonds pour le compte d'autrui, la carte G n'est en principe pas requise :

  • accueil et remise des clés aux voyageurs ;
  • ménage, blanchisserie, réapprovisionnement ;
  • petites réparations et interventions techniques ;
  • prise de photos et rédaction d'annonces, à la demande du propriétaire ;
  • gestion du calendrier de réservation, si les paiements sont versés directement sur le compte du propriétaire via la plateforme.

Dans ce schéma, le propriétaire reste l'interlocuteur contractuel des voyageurs et perçoit lui-même les loyers via Airbnb, Booking ou toute autre plateforme. La conciergerie facture une prestation de service classique, hors du champ de la loi Hoguet.

Les missions qui basculent dans la gestion immobilière

À l'inverse, l'obligation de carte G s'impose généralement dès que la conciergerie :

  • encaisse les loyers ou les arrhes pour le compte du propriétaire, y compris via un compte séquestre qu'elle contrôle ;
  • reverse ensuite les sommes au propriétaire après déduction de sa commission ;
  • signe les mandats de gestion ou les contrats de location en son nom ;
  • fixe seule les tarifs ou sélectionne les voyageurs sans validation du propriétaire ;
  • gère les dépôts de garantie de façon autonome.

C'est cette bascule — matérielle d'un côté, financière et décisionnelle de l'autre — qui fait toute la différence juridique. Et en pratique, une large majorité des conciergeries qui se sont développées sur le modèle "gestion complète, propriétaire zéro contrainte" se trouvent, sans toujours le savoir, du côté qui exige la carte G.

Le rapport 2026 de la FNAIM consacré à la conciergerie estime que la grande majorité des 5 000 conciergeries actives en France — un secteur pesant près de 2 milliards d'euros et gérant environ 250 000 logements — opère aujourd'hui dans une zone d'illégalité au regard de la loi Hoguet.

Pourquoi cette question ne peut pas rester en suspens

Un mandat signé par un professionnel non habilité peut être frappé de nullité. Concrètement, cela signifie qu'un propriétaire mécontent — ou un voyageur en litige — peut demander l'annulation du mandat de gestion et la restitution de toutes les commissions perçues, parfois sur plusieurs années d'activité. Le risque n'est donc pas seulement pénal : il est aussi contractuel et financier, et il pèse sur des relations commerciales que la conciergerie pensait sécurisées.

Nous détaillons l'ensemble des sanctions encourues, avec les montants exacts prévus par la loi, dans notre article Loi Hoguet : les sanctions réelles en cas d'exercice sans carte professionnelle.

Que faire si votre activité est concernée

Deux options existent pour exercer légalement une activité de gestion locative :

  1. Obtenir sa propre carte G : cela suppose de justifier d'une qualification professionnelle ou de trois ans d'expérience, de souscrire une garantie financière d'au moins 110 000 € et une assurance responsabilité civile professionnelle, puis de déposer le dossier en CCI. Un processus qui prend généralement plusieurs mois.
  2. Faire obtenir sa propre carte G par sa société : grâce à l'aptitude professionnelle mise à disposition par Delegestion, votre société dépose et obtient sa propre carte G — sans que vous ayez besoin d'un diplôme ou de 3 ans d'expérience personnelle. Votre société souscrit ensuite sa garantie financière et son assurance RCP, comme toute structure de gestion en règle. C'est le modèle que nous détaillons dans notre article Délégation de carte G : comment fonctionne le mandat et est-ce légal ?

Si vous avez un doute sur la qualification juridique de votre activité, prenez rendez-vous avec notre équipe : un audit de 20 minutes suffit généralement à clarifier votre situation.